Visite au musée des Sciences et Techniques de Shanghai (SSTM). Arrêt SSTM sur la ligne 4 du métro. Construit en 2001, ce superbe musée de 10 000 m², proposant 10 lieux d'exposition, est l'équivalent de notre Villette et du Muséum d'Histoire naturelle réunis (avec lesquels le SSTM a d'ailleurs des partenariats réguliers). En 9 ans, il a reçu plus de 20 millions de visiteurs, dont 3 millions pour la seule année 2009. Pendant l'exposition universelle, c'est 20 000 visiteurs qui se pressent chaque jour à ses portes.
Financé par la municipalité de Shanghai, le musée bénéficie aussi de partenariats privés : ainsi le laboratoire pharmaceutique Behring sponsorise la partie sur les animaux.
Comme il faudrait une journée entière pour explorer les lieux et que nous ne disposons que d'une heure et demi, je décide de m'arrêter dans la partie consacré à l'environnement "home on earth". Le tour d'horizon sur "réchauffement climatique", "actions vertes" et "connaissance écologiques" est très impressionnant. Malgré l'impression générale d'une Chine à la croissance et au développement urbain emballés, qui ne soucie par de tout de son environnement, l'expo ne laisse aucun doute sur le fait que s'ils veulent être informés, les chinois le peuvent.
Dans la partie "green actions", on apprend que Shanghai met en place depuis une dizaine d'années des plans d'actions sur trois ans pour identifier les sources de pollution et y remédier. Entre 2000 et 2002, le nettoyage de la rivière Suzhou, très polluées par les industries, a été mené à bien, ainsi que la mise en place de protection de captages d'eau, la création de réserves naturelles et de ceintures vertes. L'eau est un vrai problème en chine : dans aucun des hôtels où nous sommes descendus l'eau du robinet n'était potable...
Le second plan 2003-2005 prévoyait de contrôler les sources de SO2 et de poussières, la réduction des engrais en agriculture, le développement d'énergies alternatives au charbon... La seconde session du 10ème congrès national du peuple a proposé d'adopter une stratégie de développement durable pour résoudre le problème de la croissance de la population, de la consommation des ressources et de la protection de l'environnement, "suivant les besoins du développement harmonieux de la nature et des humains".
L'exposition souligne l'urgence de la situation de la Chine en matière de ressources énergétiques : la quantité de charbon par habitant en Chine n'est que de 52,4% celle du monde entier et le chiffre tombe à 7,4% pour le pétrole et 2,9% pour le gaz ! Elle recommande donc d'utiliser les ressources avec précaution pour en éviter l'épuisement. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas ce que l'on observe au quotidien, avec l'explosion du nombre de voitures, l'utilisation systématique de la climatisation...
Le SSTM n'évite pas les sujets anxiogène comme les mutations génétiques dues à la pollution par les perturbateurs endocriniens, les pesticides et engrais (veau à deux têtes, poule à trois pattes comme sur la photo ou agneau avec un oeil dans l'oreille...).
Dommage que cette exercice salutaire se terminant par les désastres planétaires fasse l'impasse sur les accidents qui se sont produits en Chine...