Mots de Chine

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lundi 11 octobre 2010

Le casse-tête de l'école en Chine

Redimensionnement_de_IMG_0851.JPGBêtement, on se dit que le système scolaire d'un pays (ex-?) communiste est égalitaire et permet à chaque enfant de recevoir une éducation. Que nenni ! Le témoignage de la sociologue Valérie Laurans, mariée avec un chinois et mère de deux enfants, nous révèle une autre réalité en Chine aujourd'hui : des frais d'inscription très élevés, une compétition forcenée qui démarre dès l'école maternelle... On nous a aussi parlé de badges électroniques permettant d'avertir directement les parents sur leur téléphone portable que leur enfant est sorti de classe...

L'article "Élever son enfant, pas évident pour la classe moyenne chinoise" publié sur le site Aujourd'hui la Chine éclaire nos première impressions et apporte des exemples hallucinants : 68 places à l'école maternelle pour 7000 familles installées dans un nouveau quartier de Pékin, après le 5ème périphérique, des parents qui n'ont pas de place en internat pour leur enfant d'un an et demi (!), 2000 yuans par mois pour une école privée alors que le revenu de base est 1000 yuans, des pots de vins à payer à l'école...

La spéculation sur le marché immobilier chinois

Redimensionnement_de_IMG_1783.JPGComment font-ils pour se loger ? C'est la question lancinante qui revenait dans ma tête pendant notre voyage, nos discussions avec nos guides, la sociologue Valérie Laurans (lire ce billet sur les lilongs) ou la chargée de mission du consulat Carine Henriot (lire le billet sur les villes nouvelles) à Shanghai. Nos arrêts devant les agences immobilières et les annonces aux prix délirants (comme ici, 150€ pour 13 m² à Shanghai) accroissait l'interrogation.

Selon le Bureau national des statistiques, le prix moyen d'un mètre carré d'appartement près du quatrième périphérique de Pékin s'élève à 34 000 yuan (3719 euros), alors que le total des revenus disponibles par Pékinois n'est que de 19 458 yuans (2128 euros). Le prix des logements aurait progressé de 11,7% entre mars 2009 et mars 2010, alors que le ministère des terrains et des ressources estime cette hausse à 25%. Et selon une étude effectuée par le U.S. National Bureau of Economic Research dans 35 grandes villes chinoises, les prix des propriétés ont plus que triplé au cours des 10 dernières années en termes réels, plus de la moitié de cette hausse étant survenue depuis 2007 !

Nous savons que les moins riches sont repoussés hors des centres villes, loin en banlieue. Malgré tout, on n'a vu en Chine ni bidonvilles comme en Inde ni SDF comme en France... Le gouvernement chinois a pris la mesure du problème et décidé de réagir, comme vous pourrez le lire dans l'excellent article d'Aujourd'hui la Chine.

mercredi 6 octobre 2010

2 ou 3 choses que je voudrais rapporter de Chine

Agres.jpg La fin du voyage approche et le retour sera sûrement l’occasion de réflexions plus approfondies sur ce que nous montre le miroir que nous tend la Chine. En attendant, j’ai plutôt envie de raconter mes deux coups de foudre pour des petites choses de la vie quotidienne chinoise : les agrès pour adultes et les massages de pied.

Les chinois des villes ont souvent des appartements petits. Il est important pour eux de prendre l’air. Ils ont donc développés des activités de rues ou de squares que nous n’avons pas chez nous, à part pour les enfants. Un peu partout dans les parcs ou les ruelles, on voit des gens faire du tai-chi ou du qi gong, sortir leurs oiseaux en cage pour les faire chanter ou jouer aux cartes.

Agres2.jpg On trouve aussi des agrès pour adultes accessibles à tous pour se masser le dos, étirer les jambes, les bras ou le dos, muscler les cuisses… Dès que j’en voyais, je ne manquais jamais d’y faire un tour. J’adorerais qu’une ville française importe le concept !

Autre activité chinoise que j’ai beaucoup apprécié : les massages de pied. La réflexologie (à base de pressions de points réflexes des pieds correspondant à des organes) est une technique chinoise très ancienne. On en trouve des traces il y a 5000 ans mais elle connaît un vrai engouement aujourd’hui. Jeunes et vieux n’hésitent pas à se faire masser après une journée de travail, seul, en couple ou entre amis. On trouve des salons de massage un peu partout dans la ville. Les plus simples n’ont qu’une seule pièce quelques fauteuils pour tous les clients. Les prix constatés à Shanghai allaient de 100 à 150 yuan pour une heure. L’effet de détente profonde est garanti !

Au musée des sciences et techniques de Shanghai, l'écologie bien présente

MuseeScTech.jpgVisite au musée des Sciences et Techniques de Shanghai (SSTM). Arrêt SSTM sur la ligne 4 du métro. Construit en 2001, ce superbe musée de 10 000 m², proposant 10 lieux d'exposition, est l'équivalent de notre Villette et du Muséum d'Histoire naturelle réunis (avec lesquels le SSTM a d'ailleurs des partenariats réguliers). En 9 ans, il a reçu plus de 20 millions de visiteurs, dont 3 millions pour la seule année 2009. Pendant l'exposition universelle, c'est 20 000 visiteurs qui se pressent chaque jour à ses portes.

Financé par la municipalité de Shanghai, le musée bénéficie aussi de partenariats privés : ainsi le laboratoire pharmaceutique Behring sponsorise la partie sur les animaux.

Comme il faudrait une journée entière pour explorer les lieux et que nous ne disposons que d'une heure et demi, je décide de m'arrêter dans la partie consacré à l'environnement "home on earth". Le tour d'horizon sur "réchauffement climatique", "actions vertes" et "connaissance écologiques" est très impressionnant. Malgré l'impression générale d'une Chine à la croissance et au développement urbain emballés, qui ne soucie par de tout de son environnement, l'expo ne laisse aucun doute sur le fait que s'ils veulent être informés, les chinois le peuvent.

Dans la partie "green actions", on apprend que Shanghai met en place depuis une dizaine d'années des plans d'actions sur trois ans pour identifier les sources de pollution et y remédier. Entre 2000 et 2002, le nettoyage de la rivière Suzhou, très polluées par les industries, a été mené à bien, ainsi que la mise en place de protection de captages d'eau, la création de réserves naturelles et de ceintures vertes. L'eau est un vrai problème en chine : dans aucun des hôtels où nous sommes descendus l'eau du robinet n'était potable...

Le second plan 2003-2005 prévoyait de contrôler les sources de SO2 et de poussières, la réduction des engrais en agriculture, le développement d'énergies alternatives au charbon... La seconde session du 10ème congrès national du peuple a proposé d'adopter une stratégie de développement durable pour résoudre le problème de la croissance de la population, de la consommation des ressources et de la protection de l'environnement, "suivant les besoins du développement harmonieux de la nature et des humains".

L'exposition souligne l'urgence de la situation de la Chine en matière de ressources énergétiques : la quantité de charbon par habitant en Chine n'est que de 52,4% celle du monde entier et le chiffre tombe à 7,4% pour le pétrole et 2,9% pour le gaz ! Elle recommande donc d'utiliser les ressources avec précaution pour en éviter l'épuisement. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas ce que l'on observe au quotidien, avec l'explosion du nombre de voitures, l'utilisation systématique de la climatisation...

Poule3pattes.jpgLe SSTM n'évite pas les sujets anxiogène comme les mutations génétiques dues à la pollution par les perturbateurs endocriniens, les pesticides et engrais (veau à deux têtes, poule à trois pattes comme sur la photo ou agneau avec un oeil dans l'oreille...).
Dommage que cette exercice salutaire se terminant par les désastres planétaires fasse l'impasse sur les accidents qui se sont produits en Chine...

Les pyjamas ont la vie dure à Shanghai !

Pyjamas.jpgLa tradition shanghaienne est de sortir dans la rue en pyjama. A l'approche de l'exposition universelle, les autorités de la ville ont tenté de "civiliser" la population et d'interdire carrément le port de ce vêtement d'intérieur dans les rues.
Le débat a fait rage il y a quelques années, comme on peut le lire ici ou .
Je ne sais pas quelle était la proportion de personnes sortant en pyjama dans la rue avant l'expo mais une chose est sûre, les pyjamas font de la résistance, comme le montre la photo ci-contre, prise dans l'ancienne concession française le 6 octobre 2010.

La plus grande verticale du monde découverte grâce à un partenariat franco-chinois

L Le partenariat France-Chine est très avancé du côté de la spéléologie. Je l'ai découvert en rencontrant, à l'exposition universelle, deux spéléologues français venus faire des démonstrations lors de la semaine dédiée à la montagne par le pavillon Rhône-Alpes et montrer la beauté des paysages de la région, Vercors et Beauges.

Eric Sanson, conseiller technique auprès du Préfet de l'Isère pour Spéléo Secours et Guy Ferrando, membre du conseil d'administration du Comité départemental de spéléo de l'Isère, m'ont parlé des expéditions françaises menées depuis 20 ans dans la région du Guizhou, "la plus belle province de Chine".
Ce partenariat avec la Fédération française de Spéléologie a permis aux chinois de découvrir en 2003 qu'existe sur leur territoire la plus grande verticale absolue du monde : le gouffre de Baiyudong, 424 mètres de plein vide, c'est-à-dire dont on voit le jour d'en bas voir la photo publié dans Spéléo Mag). Eric Sanson raconte cette découverte dans la revue Spéléo.

Autre découverte importante des Français racontée par les spéléologues : la plus grande grotte de Chine. 117 km de galeries souterraines dans le Guizhou et le comté du Suiyang. "On explore de nouvelles galeries et de nouvelles entrées tous les ans, pendant un mois, après le nouvel an chinois, raconte Eric Sanson, dans le cadre d'un partenariat avec le GKREDRC (Guizhou Karst Resources Environment and Development Research Center). Pour en savoir plus, lire cet article du site Grottes & Karsts.

mardi 5 octobre 2010

Repas chez Bocuse à Shanghai

Bocuse.jpg Pour notre avant-dernier dîner à Shanghai, Sylvie et Jean-Pierre, les organisateurs du voyage, ont décidé de nous emmener manger... français. Enfin franco-chinois, au restaurant d'application Paul Bocuse du pavillon Rhône-Alpes. Cinq professionnels français y forment 130 étudiants chinois pour la cuisine et le service en salle, pendant le temps de l'exposition universelle de Shanghai .
Au menu, foie gras, de l'agneau aux tomates confites et en dessert un délicieux savarin... Le tout servi avec élégance et fabriqué en Chine. La maison Rougié qui produit le foie gras a implanté des fermes près de Beijing....

dimanche 3 octobre 2010

Vive le métro de Shanghai !

Metro.jpg Dans une ville de plus de 12 millions d’habitants et de 20 millions pour toute la « municipalité », avoir des moyens de transports en commun efficaces est une nécessité vitale. La construction du métro a démarré à Shanghai en 1990, en faisant la troisième ville équipée après Beijing et Tianjin. L’extension de son réseau a été ultra-rapide, à l’image de l’urbanisation de la Chine. Alors que la première ligne a été inaugurée en 1995, nous en avons découvert 13, dont certaines vieilles de quelques mois à peine ! Aucun de nos guides pourtant achetés spécialement pour le voyage n’a réussi à être à jour. Heureusement, j’ai pu téléchargé sur mon iphone un excellent logiciel permettant de calculer les itinéraires, Explore Shanghai.

L’exposition universelle est bien sûr pour beaucoup dans ce phénomène. Une mini-ligne de trois stations dessert spécialement l’expo, la ligne 13 ! Pour cette occasion, un système de contrôle des sacs comme dans les aéroports a été mis en place. Les lignes sont spacieuses et sont équipées du dernier cri en matière d’information voyageurs : outre les lignes affichées dans les rames, l’affichage électronique en mandarin et anglais de la station actuelle et prochaine, doublé d’une annonce sonore en mandarin et anglais, on trouve sur certaines lignes des diodes lumineuses vertes, rouges ou oranges pour indiquer les stations passées, actuelle et prochaines. Des écrans équipent les rames et diffusent news, pubs et conseils de bonne conduite. Dans les couloirs, l’information est aussi parfaite que dans les rames : panneaux, marquage au sol de couleurs différentes selon les lignes. Mais le marquage au sol devant chaque porte pour inciter à laisser sortir les passagers en se plaçant de chaque côté de la porte ne semble pas avoir marqué les esprits. Les voyageurs pressées de monter se précipitent sans égards pour ceux qui essaient de descendre.

Pour des courtes distances, le prix est de 3 à 4 yuan (moins de 50 centimes d’euros). Les machines sont aussi accessibles en mandarin et chinois. Les tickets à l’unité ne sont pas en papier mais des cartes plastifiées qui sont récupérées à la sortie dans les tourniquets et peuvent donc être réutilisées.

Metro-PS.jpgLe réseau va très loin en banlieue. Nous avons croisé un vieux chinois édenté dans le quartier de l’ancienne concession française qui nous a expliqué faire une heure et demie de trajet pour venir déposer son argent dans sa banque. Mais il nous a précisé avec satisfaction que grâce à sa carte « senior », il voyage gratuitement.

Une seule critique : la longueur infernale de certaines correspondances comme à Peoples’square, la gigantesque place du Peuple construite sur l’ancien hippodrome colonial qui accueille aujourd’hui le musée de Shanghai, celui de l’urbanisme ainsi que l’opéra et où se croisent les lignes 1, 2 et 8.

samedi 2 octobre 2010

L'île de Chongming : le casse-tête de la préservation de la faune dans un pays en développement rapide

ChongmingPont.jpgNous choisissons le jour de la fête nationale pour aller à Chongming, une île de 150 000 habitants et 100 km de long faisant partie de la municipalité de Shanghai. C’est la plus grande île alluviale du monde. Elle accueille une réserve naturelle. Sur la route, nous suivons les shanghaiens en vacances…

C’est Anthony, doctorant au muséum d’histoire naturelle de Paris et à l’université de Shanghai nous servira de guide. Il fait sa thèse sur un passereau endémique de l’île menacé de disparition : le reed parrotbill ou paradoxornis du Yangtsé.

L’île de Chongming est apparue il y a 1400 ans et s’allonge de 250 à 350 mètres par an à cause du dépôt des sédiments du Yangtsé. C’est un site classé Ramsar qui propose une succession d’habitats humides favorables aux oiseaux limicoles. La réserve accueille 290 espèces différentes d’oiseaux. De nombreux migrateurs s’y arrêtent, en route entre l’Australie et la Russie. Ainsi 90% des limicoles d’Australie bagués viennent de Chongming.

Chongming.jpg Longtemps coupée de Shanghai et avec une forte vocation agricole, l’île a été reliée par un pont fin 2009. Un projet de « ville écologique » à Longtan y a été abandonné. La municipalité souhaite désormais y développer un « tourisme durable » (avec un wetland park, parc de loisirs autour de plans d’eau, un golf et une zone hippique). La surface de zone humide protégée est passée de 10 000 à 4000 hectares à cause du développement de l’aquaculture, ce qui montre la difficulté de préserver les milliers fragiles dans une région et un pays en développement rapide. Autre problème : la spartine, une plante introduite par l’homme pour fixer plus vite les sédiments, concurrence maintenant le roseau, seul habitat convenant au paradoxornis…

Anthony.jpgAnthony souhaite inciter la municipalité de Shanghai à protéger la réserve mais la tâche est rude. Les scientifiques sont peu écoutés. « Ici nous sommes dans un pays en développement, personne ne s’intéresse à la faune, aux oiseaux, déplore-t-il. Ce qui est important c’est de faire de l’argent ».

vendredi 1 octobre 2010

En revenant de l'exposition universelle

ExpoUniverselle.jpg L’exposition universelle 2010 est pour moi un prétexte pour venir à Shanghai. Je m’intéresse bien plus à la ville elle-même qu’à l’expo. Mais puisqu’il faut en passer par là, j’y passerais un jour et demi.

Construite de part et d’autre de la rivière Huangpu, l’expo est un nouveau morceau de ville de plus de 5 km2 avec des routes, des ponts, des passerelles, un métro (deux stations sont internes à l’expo et connectées au reste du réseau), des lignes de bus, des ferries pour relier une rive à l’autre, et bien sûr des pavillons dont certains resteront. Le plus beau est bien sûr le pavillon de la Chine. Il est rouge et a la forme d’une couronne impériale. Malheureusement, il est quasiment impossible de le visiter. Les organisateurs estiment qu’à peine 10% des visiteurs auront cette chance (58 millions enregistrés à un mois de la fin de l’expo). Les pré-réservations sont en vente aux entrées de l’expo à partir de 9h du matin. Mais de nombreux chinois commencent à faire la queue dès 4 ou 5h du matin. Dans la journée, le marché noir va bon train pour revendre les tickets. On nous les a proposés entre 150 et 400 yuan… Pour permettre aux shanghaiens de le visiter, la direction de l’expo a annoncé que le pavillon réouvrirait un mois après la fin de l’expo, à partir du 1er décembre.

VilleSensuelle.jpgLe pavillon français, bâtiment un peu quelconque recouvert de croisillons blancs, est décevant. Mettant en avant la thématique de la « ville sensuelle », qui n’a aucun rapport avec le thème de l’expo « better life, better city », ce pavillon enfile les clichés comme des perles : vieux films, Notre-Dame, Tour Eiffel, Louis Vuitton. Des jeunes chinois nous accueillent, coiffés de bérets et habillés de t-shirts à rayures tricolores. Les entreprises comme Sanofi-Aventis y sont présentes pour faire leur com mais n’apportent rien à l’ensemble. Nous nous consolons en buvant un verre sur la terrasse du pavillon dont les petits arbustes sont pompeusement appelés jardins à la française.

De nombreux pavillons sont de simples dépliants touristiques présentant les beautés du pays. Une bonne idée pour faire voyager les chinois sans bouger de chez eux. Mais qui nous apporte quoi ? Je profite quand même de l’occasion pour visiter le pavillon de la Corée du Nord car le pays reste fermé aux étrangers. J’ai apprécié notamment le livre sur les installations sportives de Pyongyang…

PavillonFutur.jpgDe l’autre côté de la rivière Huangpu, la zone des bonnes pratiques urbaines est un peu plus intéressante (à noter les très intéressants pavillons de Londres et de Rhônes-Alpes). Le pavillon du futur demande une visite plus approfondie : on y fait un tour d’horizon des utopies du passé, des réalisations prometteuses actuelles et de scénarios pour notre futur (à noter le petit film présentant un mariage juif-chinois rassemblant des convives en hologrammes).

Je suis passé sans doute à côté de nombreux pavillons passionnants. Tanpis. Shanghai évolue tellement vite que certains quartiers vus aujourd’hui auront peut-être disparu demain.

jeudi 30 septembre 2010

Toujours construire du neuf

Anting2.jpgQue deviennent les millions de shanghaiens déplacés vers la périphérie de la ville ? Carine Henriot, chargée de coopération en aménagement du territoire au consulat de France, qui s’intéresse depuis 2007 aux villes nouvelles de la municipalité de Shanghai, nous emmène visiter l’un de ces lieux créé de toutes pièces pour reloger les habitants déplacés. Avec 3 m² en moyenne par personne dans Shanghai, il n’est pas difficile de convaincre les habitants délogés qu’ils auront plus de place ailleurs. Sauf que le lieu de résidence donne une citoyenneté (un « hukou », système d'enregistrement des foyers mis en place dans les années 50 par Mao, sorte de passeport intérieur) à laquelle sont liés des avantages sociaux (sécurité sociale, écoles, etc.). Et les Shanghaiens en ont plus que les autres. Difficile donc de les convaincre de les abandonner…

Pour planifier son développement et gérer sa population, la municipalité de Shanghai (qui va bien au-delà de la ville elle-même et couvre l’équivalent d’un département) s’est dotée d’un schéma directeur d’urbanisme. Le programme « 1-9-66 » (les chinois sont férus de formules mathématiques) prévoyait 1 municipalité, 9 villes nouvelles, 66 bourgs et 600 nouveaux villages.

Anting.jpg Il s’agit pour chacune de ces « villes » de tester un design urbain. D’un km² de superficie, elles ont chacune un style différent, correspondant à un pays : allemand, italien, scandinave, espagnol, anglais (mais pas français – il faut dire qu’il y a déjà eu la concession française au cœur de la ville à partir de 1848). Carine Henriot nous emmène visiter Anting, la ville allemande située non loin de l’usine Volkswagen que nous venons de visiter (20 000 salariés et une capacité de presque un million de véhicules par an).

Anting-cameras.jpgMême s’il s’agit théoriquement d’une « ville », l’entrée est fermée par un garde et les rues surveillées par des caméras. On nous fait savoir qu’il est interdit de photographier. Qu’y a-t-il à garder ? A cacher derrière les façades multicolores de ces immeubles à quatre étages qui tranchent avec les gratte-ciels de Shanghai ? Nous le comprenons bientôt en voyant les rez-de-chaussée commerciaux vides, les balcons vierges de tout linge hormis quelques exceptions… Le quartier est presque vide ! Il a pourtant été construit il y a cinq ans.

Les seuls commerces du quartier sont les boutiques de décoration d’appartements (car en Chine les appartements sont livrés à l’état brut) et les agences immobilières. Les annonces indiquent des prix très élevés, qui expliquent peut-être la rareté des habitants : 1,46 million de yuans (environ 166 000 euros) pour 132 m² ! Une dame de l’agence propose de nous faire visiter un appartement. Il se loue 390 euros pour trois chambres, alors qu’on est à 15 minutes à pied du métro, lui-même à une heure du centre de Shanghai. Comment un Shanghaien moyen gagnant 3 à 4000 yuan pourrait se le payer ? Nous découvrons avec stupeur un état de délabrement du bâtiment incroyable étant donné son âge (à peine cinq ans).

Carine Henriot essaye de nous faire comprendre que les chinois ne voient pas d’inconvénients à détruire des immeubles tous les 20 ou 30 ans car ils aiment le neuf. De plus, ils ne sont jamais propriétaires de leur logement. Ils ne peuvent acheter que l’usufruit pour une durée de 50 à 75 ans. Cela explique que la municipalité puisse déplacer autant de gens aussi facilement. S’ils sont déplacés, ils pourront recevoir gratuitement un ou plusieurs appartements qu’ils revendront ensuite… Les municipalités financent leur développement en octroyant des terres et une spéculation se développe, alimentant une bulle immobilière de plus en plus inquiétante…

mercredi 29 septembre 2010

Modernisation de Shanghai : 8 millions de déplacés

Decapsuleur.jpgShanghai. 20 millions d’habitants dont 12,5 millions d’urbains. Une histoire liée aux concessions étrangères qui ont profondément marqué l’architecture de la ville et une croissance récente ultra-rapide. Laissée à l’écart du développement au moment de l’ouverture de la Chine, Shanghai a rattrapé son retard à toute allure. En construisant dans les années 2000 des centaines de tours dans le quartier du Pudong, à l’est du fleuve Huangpu. La plus haute construite en 1998 et appelée « le décapsuleur » fait 493 mètres et la prochaine plus haute livrable en 2012 fera 650 mètres. Faisant face au Bund et ses bâtiments du temps des concessions, la ville prouve sa puissance. Fascinante et belle.

Valérie Laurans, sociologue urbaine installée en Chine depuis une quinzaine d’années, nous raconte l’autre face de cette transformation : les déplacements de population. Entre 1992 et 2010, 6 à 8 millions de shanghaiens ont été déplacés. Et le processus continue. La jeune femme a fait sa thèse sur ce sujet. Les habitants du centre ville sont délogés et envoyés en banlieue. Pour les convaincre, l’Etat utilise différents moyens. Elle leur promet plus de confort et de place dans un logement loin du centre-ville (lire « Shanghai : l’argument du confort pour déplacer les résidents urbains » dans la revue en ligne Perspectives chinoises).

Xintiandi.jpg Pour les récalcitrants, on envoyait la police qui déplaçait en camions personnes et meubles vers la banlieue. C’est ce qui s’est passé pour vider le quartier Xin Tian Di (où eu lieu la première réunion du Parti Communiste Chinois en juillet 1921), devenu un quartier branché que la sociologue qualifie de « décor urbain » apprécié des occidentaux et des chinois aisés. Depuis 1993, ces pratiques sont interdites et la négociation individuelle privilégiée.

La sociologue nous mène dans un lilong comme était Xin Tian Di avant sa restauration. C’est un quartier d’habitat collectif de faible hauteur construit à la fin du XIXè et au début du XXè siècle. Il est conçu sur une structure de rues (lil) et des ruelles perpendiculaires (long).

Lilong.jpgDes habitants nous entourent bientôt et l’un d’eux, plus véhément que les autres, nous explique qu’ils vont être délogés bientôt et sa maison détruite. Parce que le mètre carré vaut 30 000 yuan ici et 160 000 en face dans les tours. Il nous propose de nous faire visiter la cour derrière le « shikumen » (porche), qui selon lui a une grande valeur culturelle. Construite en 1936, cette maison à été abandonnée par son propriétaire, parti à l’étranger au moment de la révolution culturelle, transformée en école puis en habitation pour plusieurs familles. A 60 ans, cet homme droit et fier, habillé d’une chemise blanche impeccable, nous explique que toute sa vie, l’état a décidé de son destin. Qu’il n’a rien choisi. Qu’il n’y a pas de démocratie en Chine.

Depuis la fin de l’attribution gratuite de logement par l’état en 1994, le décalage s’est creusé entre les revenus moyens des shangaiens (3200 yuans par mois) et le prix du m2 dans la ville de Shanghai. A 30 000 yuan le m2, le centre-ville n’est désormais essentiellement habité que pas les plus riches, occidentaux ou chinois d’outre-mer. On y parle anglais. Autour du deuxième périphérique se sont installés les chinois aisés, les cols blancs, et plus loin, les ouvriers et employés. Entre la fin des années 90 et aujourd’hui, le prix du m2 a bondi de 10 000 à 150 000 yuan dans certains quartiers. Comme dans toutes les grandes villes en Chine, la municipalité finance son développement en vendant les droits d’occupation, contribuant à la constitution d’une véritable bulle immobilière spéculative.

mardi 28 septembre 2010

Un autre monde, menacé par les tours

RuellesQingdao.jpg Avec quelques heures de temps libre, nous réussissons à nous échapper des quartiers des hautes tours pour nous perdre dans les petites rues. Apercevant des cours intérieures, nous y pénétrons et découvrons un autre monde.

Des espaces étroits avec des coursives délabrées et humides, du linge qui sèche un peu partout, des intérieurs mal éclairés, des sols de terre battue. Les gens nous y accueillent avec de grands sourires qui nous changent des mines figées du personnel des hôtels où nous descendons.

Marche2-Qingdao.jpgNous explorons un marché de nuit avec ses échoppes de fritures, de fruits, de pâtisseries, de poissons. Des odeurs, des couleurs, des sourires encore. Le bonheur. La sensation d’être revenus à une échelle humaine. Des lieux à l’image d’autres villes d’Asie où j’ai pu me rendre et que j’ai aimés. Loin des ces tours gigantesques qui nous font nous sentir si petits.

Haier, n°1 mondial en 25 ans

Haier.jpg Après la visite de l'usine de bière Qingdao, changement de décor avec l’usine Haier, installé au bout de l’avenue du même nom. Même si la marque est encore peu connue chez nous, c’est le n°1 de la production mondiale de produits blancs (électroménager de cuisine) avec 5% des parts de marché, devant Whirlpool et LG.

Le succès de cette entreprise fondée en 1984 a été foudroyant. D’une petite usine de réfrigérateurs non rentable avec 600 salariés, elle est devenue en quelques années un groupe implanté dans 160 pays avec 60 000 employés et un chiffre d’affaires annuel de 81 milliards de RMB. Son patron Zhang Ruimin est devenu 6ème fortune asiatique derrière les patrons de Toyota, Sony ou Samsung.

Avec ses 8 centres de recherche, Haier dépose deux brevets par jour ouvrable. Et innove en étant soucieux d’être au plus près des besoins de ses clients. Toute une gamme est conçue spécialement pour les paysans. Le produit que je préfère est la machine à laver le linge qui lave aussi les pommes de terre. Il fallait y penser !

Haier-frigo.jpgA l’autre bout de la gamme, on trouve le réfrigérateur avec caméra et écran vidéo intégré sur la porte pour laisser des messages à sa famille style « t’as pas intérêt à finir les yaourts » ou « il y a un reste de pizza dans le frigo ». Post-it a du souci à se faire. J’ai bien aimé aussi les toilettes avec commandes électroniques pour laver les fesses et les sécher (sans doute pour le marché japonais), la machine à laver qui résiste à des températures de -40°, la machine à laver sans lessive ou qui lave les chaussures dans un compartiment séparé et l’extracteur de formaldéhyde.

Dans le film promotionnel que l’on nous présente, la marque chinoise explique qu’elle mise sur le service. Elle se vante de pouvoirs livrer ses produits dans les endroits les plus reculés de Chine et de pouvoir installer une climatisation commandée sur internet une demi-heure plus tard ! Vous n’avez qu’à essayer pour voir !

Qingdao, la cité de la bière

Tsingtao.jpg Qingdao (qu’on prononce Tsingtao en chinois) est une ville côtière et balnéaire mais aussi une cité industrieuse avec son habituel lot de tours de 20 à 30 étages classiques en Chine (du moins dans sa partie est). Même si elle est peu connue en France, elle affiche tout de même 8,8 millions d’habitants, en incluant la banlieue. Elle est jumelée notamment avec Brest et Nantes.

De la montagne Laoshan qui la borde est issue une eau d’excellente qualité (nous dit-on). Cela explique que les allemands y aient créé une brasserie au début du XXème siècle. Après une période sous contrôle des japonais, la bière Tsingtao est redevenue chinoise et connue dans le monde entier. Alors que 90% était exporté à la fin des années 70, faisant de la bière une boisson de luxe pour les chinois, le produit s’est démocratisé et la production a été multipliée par 10 entre 1998 et 2010.

Qingdao organise depuis 1992 une fête de la bière qui dure quinze jours et permet aux chinois de goûter des bières du monde entier. La visite de l’usine moderne est remarquablement bien organisée. Après l’histoire du groupe, on peut admirer les premières machines et contempler l’usine actuelle en fonctionnement. Après un long couloir avec des publicités de tous les pays, on a aussi droit à un simulateur d’ivresse assez rigolo. La visite se termine par une dégustation que les chinois ne boudent pas. Nous avions déjà pu constater dans un restaurant de la ville qu’ils appréciaient de faire des concours de qui boira le plus de verres particulièrement bruyants !

dimanche 26 septembre 2010

Veolia, une entreprise française en Chine

TransportsPekin.jpgDe retour à Beijing, nous sommes reçus par le directeur de Veolia Transports Asie, Daniel Cukierman, et sa femme Sylvie dans leur très jolie maison du quartier ancien de Pékin. Ceinte de hauts murs, elle est disposée autour d’un petit jardin. Nos guides chinoises sont émerveillées par l’endroit.

Installés depuis quatre ans à Pékin, date de l’implantation de Veolia Transports en Chine, les Cukierman ont vu l’évolution rapide de Pékin et de leur quartier. La cour était auparavant partagée par plusieurs familles mais la maison voisine a été détruite et remplacée par une maison de luxe de 600 m2 dont le prix de vente est 20 millions d’euros. Le chiffre nous paraît tellement incroyable qu’on se demande s’il s’agit vraiment d’euros ou de yuans (dont le cours est de 8,8 yuans pour 1 euro).

Ils nous reçoivent dans le jardin autour d’un petit verre d’un alcool chinois que l’on doit boire cul sec. M. Cukierman nous raconte que boire est très important pour conclure des affaires en Chine. Il faut trinquer tous ensemble trois fois (si l’on est trop nombreux, on tape le verre sur la table) avant de boire d’autres verres en trinquant deux par deux. On ne peut pas se servir un nouveau verre sans trinquer avec quelqu’un. Discuter affaires et remporter des contrats demande donc d’avoir un foie solide ou de développer des techniques pour se débarrasser discrètement du liquide… Ayant pitié de nous, les Cukierman nous proposent ensuite un verre de vin blanc français.

Veolia est loin d’être la seule entreprise française implantée dans l’empire du milieu. Il y aurait 10 000 français à Pékin, 15 000 à Shanghai et 12 000 à Hong Kong. Le patron nous explique que tout étranger doit se déclarer dans les 48 heures après son arrivée dans une ville et nous raconte comment des amis à qui ils avaient prêté leur maison ont vu débarquer la police pour vérifier leur identité.

Le géant français de l’eau et du traitement des déchets est encore tout petit du point de vue des transports. Il exploite les 2200 bus de Nanjing (Nankin, à l’ouest de Shanghai) et le tram de Hong-Kong. Mais il y a peu d’opérateurs de transports étrangers en général, à part hong-kongais (qui ne sont plus vraiment étrangers…). Le rachat du tram de Hong-Kong est un moyen de se positionner car le tram est amené à se développer fortement en Chine dans les années à venir. Même s’il date de 1904, le tram de Hong-Kong transporte 200 000 personnes par jour et fait 20 à 25% de ses recettes avec la pub.

Il y a à Pékin un projet d’une ligne de tram de 10 km avec alimentation par le sol comme à Bordeaux. Mais ce qui se développe à grande vitesse aujourd’hui c’est le métro, que les villes de plus de 3 millions d’habitants et de 3 milliards de yuan (ou RMB pour « monnaie du peuple) de PIB ont l’autorisation de construire. 30 métros sont en cours de construction. La Chine construit plus de lignes de métro que le reste du monde ! On prévoit 550 km en 2015 et 1000 en 2020 !

L’idéal communiste est bien loin et les écarts de salaire se creusent entre les différents salariés. M. Cukierman explique que dans son entreprise comme dans les entreprises chinoises, les écarts vont de 1 à 100. Alors que la femme de ménage gagne 1000 yuan par mois, son assistante gagne autant qu’en France et un cadre avec une expérience à l’étranger 5 à 7000 euros par mois. La Chine est le deuxième pays le plus inégalitaire du monde après le Népal, bien que son PIB par tête soit 4 fois plus élevé que l’Inde.

TEDA, une zone de développement économique autour du premier port de Chine

TEDA Nous quittons Pékin pour Tianjin et plus particulièrement sa zone de développement économique et technologique appelée TEDA (Tianjin Economic-Technological Development Area). Le trajet nous prend trois heures en bus mais le train à grande vitesse récemment construit fait le trajet en 45 minutes. Encore une fois, nous sommes étourdis par le nombre de tours en construction. TEDA est une “petite” zone modèle au sein d’une vaste zone de développement côtier de 2270 km2 autour du port de Tianjin, le premier de Chine et le 7ème du monde. La ville de Tianjin, inconnue de la plupart des français, compte 12 millions d’habitants.

TEDA accueille aujourd’hui 1000 entreprises industrielles et 400 000 salariés alors qu’il n’y avait ici qu’une plage et des marais salants au milieu des années 80. Après une rencontre un peu technique avec des responsables du Teda eco center et un repas à la cantine des fonctionnaires du gouvernement (excellente), nous allons voir une maquette au 1/750ème de la zone de développement côtier. Là encore, les gratte-ciels se multiplient à un rythme qui donne le tournis : 48 tours de bureaux sont en construction, 5 gratte-ciels sont terminés et la plus haute tour du quartier d’affaire culmine à 388 mètres. En 2011 ouvrira ici le plus grand aquarium d’Asie.

Wang Zhongming, le jeune homme qui nous a présenté les réalisations écologiques de Teda, avoue en nous raccompagnant qu’il est inquiet comme nous de la rapidité de la croissance chinoise qui va trop vite pour concilier l’économique et l’environnemental. A un membre du groupe avec qui il échange quelques mots en se quittant il demandera où il habite et surtout s’il a un jardin…

samedi 25 septembre 2010

Lafarge, un cimentier français en Chine depuis 1994

Développement durable à petit pas (en chinois) Madame Fan Xiaohong, la responsable environnement de Lafarge, se joint à nous pour un dîner de canard laqué. Le cimentier français est implanté en Chine depuis 1994 et possède 19 usines dans le sud du pays, faisant travailler 10 000 salariés. A l’origine de cette implantation, une année sabbatique du pdg de l’entreprise en Asie qui revient avec la conviction qu’il faut s’installer en Chine. Aujourd’hui, le cimentier français, premier dans le monde, est n°8 en Chine avec une production de 24 millions de tonnes annuelles.

Madame Fan a fait sa thèse en France à l’Université de technologie de Troyes sur l’économie circulaire. Un concept sur lequel la Chine a voté une loi en août 2008 pour inciter les entreprises à utiliser les déchets les unes des autres comme matière première. Elle nous parle donc de TEDA (qu’on prononce Taida en chinois), la zone de développement économique de Tianjin, que nous visiterons samedi matin et qu’elle connaît bien puisqu’elle a passé huit ans au bureau de l’environnement de cette région.

Comme les chinois aiment beaucoup offrir et recevoir des cadeaux pour se "donner de la face" (et non la perdre), je remets mon livre "le développement durable à petits pas" (qui est traduit en chinois) à son fils de 13 ans.

Une tour entièrement brûlée à cause de pétards

ImmeubleCCTV.jpg En traversant Beijing, nous passons souvent devant la tour de CCTV (la principale chaine de télé d’état) qui a entièrement brûlé il y a quelques mois. La carcasse du bâtiment est marron et tordue. L’incendie a pris après que des employés aient lancé des pétards à l’intérieur à l’occasion de la fête nationale...

798 : des usines aux galeries branchées

798.jpgNous sautons de plain pied dans la Chine moderne avec le quartier 798, un quartier d'anciennes usines reconverti en galeries d'art contemporain. Il y a deux ans, Sylvie Mayer y a vu les premiers squats d’artistes dans des usines désaffectées. Là, changement de décor : le quartier qui a encore quelques petites usines en fonctionnement s’est rempli de galeries d’art contemporain, de cafés, de boutiques à la mode avec des livres d’art, des affiches de l’époque de Mao à 20 yuan, d’objets déco... Quelques rares touristes étrangers s’y promènent au milieu des jeunes pékinois branchés. Les rues sont longées par des tuyaux d’usines. On trouve des statues d’artistes chinois ou étrangers un peu partout. On se croirait plus à New York qu’à Pékin.

BrothersCamp2.jpgNous entrons dans un couloir de béton et de métal, avec de grandes affiches de couleur. A l’intérieur de “brothers camp”, des affiches, cartes postales, tapis de souris, t-shirt détournent l’imagerie de l’époque de Mao par la dérision. La liberté de ton est totale. En fond musical, les rolling stones et les Beatles (à l’époque où c’est sorti, les jeunes ne pouvaient pas les écouter, nous raconte l’un des maîtres des lieux).

BrothersCamp.jpg Nous apprenons que les créateurs en sont deux frères, petits-fils d’un ancien ministre de l’industrie de Mao. Ils nous montrent leur grand-père sur une photo de groupe et deux personnes dont le visage a été effacé de chaque côté du grand Timonier. Une telle liberté nous étonne alors même qu’Internet reste verrouillé en Chine puisque ce modeste blog n’y est pas accessible.

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